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Si j'étais...

Si j’étais un chef de service, je valoriserai la bonne volonté de mes subordonnées pour la tâche accomplie Une production ne peut se réaliser que dans un climat de confiance. Je ne chercherai pas à les brimer pour les erreurs qu’ils auraient commises. Je les encouragerai et les féliciterai pour le travail exécuté correctement, car je saurai qu’ils n’auraient pas choisi ce métier par vocation mais par nécessité.

Si j’étais un élu dans la territorialité, je travaillerai dur pour bien comprendre les rouages des différents services, j’honorerai tous mes rendez-vous de permanence et je répondrai à tous les courriels. Je serai efficace, attentif, à l’écoute, pour rendre service aux employés et au public. J’irai jusqu’au bout de mes possibilités pour aider tous ceux qui viendraient me voir. Au besoin je sortirai du cadre si la situation l’exigeait.

Si j’étais Maire, je respecterai le plus petit des précaires de la catégorie C et je le titulariserai pour tout le travail qu’il aura effectué, sans le jeter comme un mouchoir de poche à l’issue de son contrat. J’écouterai tous les avis des habitants de ma commune et je ne me lancerai pas dans des programmes qui porteraient atteinte au bon sens et finalement au bien-être de chacun.
Je valoriserai l’aspect patrimonial en m’efforçant de restaurer les vieilles demeures plutôt que de les raser. Je n’augmenterai pas les impôts locaux de vingt pour cent, car je saurai qu’ils pénalisent ceux qui ont le moins de moyen pour les acquitter. Je serai toujours comme au premier jour de mon élection. Intègre, impartial, humain et je ne me mettrai pas en colère, fort de mon pouvoir et de mon ascendant sur mes administrés.

… Si j’étais président de la république j’appliquerai une démocratie participative en ce sens que tous les avis seraient pris en compte, tous partis confondus, pourvu que ce soit bon pour le peuple. Je n’aurai qu’un rôle représentatif mais je serai ferme si la situation le demandait. Je développerai l’énergie solaire pour lutter contre la pollution en ce sens que cet astre de vie peut plus nous apporter que nous ne l’imaginons. Ce ne sera pas au moyen des panneaux photovoltaïques mais au moyen de cristaux ; des chercheurs travailleront dur pour concrétiser cette énergie inépuisable. Les richesses seront mieux partagées, il est inadmissible qu’un pour cent des riches possèdent la totalité des biens de la planète. Les salaires seront augmentés par cette répartition. La sécurité sociale sera moins déficitaire grâce aux subventions qui lui reviendraient de droit ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Je valoriserai l’artisanat qui est paraît-il le premier employeur de France. Il faut savoir que sur un chiffre d’affaire modeste un artisan ne reçoit que le tiers pour vivre. Les deux-tiers sont à partager entre les impôts et les caisses de retraites. Retraites insuffisantes lorsqu’elles sont reversées d’ailleurs.
Pour le délicat problème des flux migratoires, il conviendrait, en accord avec la Communauté européenne et les pays concernés de partager des aides sociales. 
Les chefs d’états de ces pays responsables de ces exodes devraient créer un fond social pour les bénéficiaires qui migrent en Europe, allégeant ainsi les charges des états qui les reçoivent.

Contrjour

Les confluences du bonheur

Les confluences du bonheur
Il me plaît, quand un songe me réveille, de te savoir allongée sur le flanc. Ta présence me rassure et j’aime toucher ton corps, alors que tu voyages dans des pays où je ne puis aller. Visites-tu les confluences du bonheur avec toutes les déclinaisons de passions et de beautés ? Ma tendresse patiente attendra ton réveil afin que sur ta joue je puisse déposer un baiser matinal. Que me rapportes-tu du pays des lumières ? As-tu vu les grands lacs, les montagnes et les forêts, qui je le crois, peuplent les autre mondes que l’on ne voit qu’en rêve ? Il me plaît de serrer ta main et d’éprouver la fraîcheur de ce contact. Alors, sans rien dire, nos pensées vagabondent ensemble et les mots deviennent superflus. Le temps nous a appris à respecter nos différences et les conflits s’apaisent avant d’avoir commencés. Les mots que l’on ne dit pas sont des joyaux que l’on garde dans sa bouche, mais il suffit d’un seul pour que ton âme s’éclaire. Le sablier du temps nous uniformise et nous fond en une entité unique. La fougue des folles années trouve un peu le repos mais l’attachement nous lie chaque jour un peu plus. Je trouve en toi la partie qui me manque et si parfois je te vois lassée de me sentir aussi près, n’oublies pas qu’il m’est difficile de ne pas respirer sans te savoir à mes côtés. Si tu t’éloignes, je te cherche, alors que mon cœur sais bien que tu n ‘es qu’à deux pas. L’amour est un diamant aux facettes multiples et celles qui sont dans l’ombre ne demandent qu’à s’éclairer.

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L'Arbousier un arbre toujours vert.

Un arbre toujours vert

J’aime bien ta force sauvage, ô mon bel arbousier car, toujours en mouvement, il n’est pas une saison ou je te vois reposé. Ta parure verte aux feuilles vernissées traverse les hivers sans pour cela tomber. Sur tes branches lisses et basses les enfants se hissent sans effort et leurs cris de joie te font vibrer jusqu’au cœur de l’aubier. Tes fleurs en cloches blanches sont les grelots de porcelaine tels des muguets près des fontaines. Ton port compact ou étalé se modèle selon les lieux que tu as choisis d’aimer. Et quand vient la saison, pour que tu nous plaises, tu nous fais des cadeaux, mon petit arbre aux fraises. Tes drupes savoureuses fines et sucrées enchantent mes papilles mais aussi mon palais. Que n’ai-je ramassé aux frimas de l’automne ton bois bien desséché afin qu’il puisse me chauffer devant la cheminée. Tu redonnes la vie aux espaces stériles par de petits rejets qui sans toi ne seraient colonisés. Et chaque fois que je te vois, les pieds plantés dans le sable et les branches dans l’azur je me prends à rêver à ta vigueur et à la générosité de ta belle nature. Tu es pour moi l’archétype de la chaleur des vacances, du renouveau perpétuel et bien qu’arrivant du Midi te voici à jamais acclimaté ici.Arbousier

LE JEU DE L'OIE

 LE JEU DE L’OIE

Il convient de surveiller nos amies les bernaches,
Qui dévorent nos algues, un sujet qui nous fâche,
Mais il ne faut pas s’étonner, car c’est le jeu de l’oie
Et pourquoi leur en vouloir, elles sont dignes de foie

Mais nos amis chasseurs en régulent le nombre,
Sauvant ainsi des espèces vouées à disparaître
Car tous ces volatiles ne feront plus de l’ombre
Aux herbiers fragiles qu’ils picoraient en traître.

Il y aura certes plus d’envol avec l’aéroport
Et des coques à foison, avec le nouveau port.
Sacrifiés les grands arbres et les chênes tauzins
De même les espaces de la forêt du Coulin

Je ne vais plus ramasser tous ces beaux coquillages
Crabes, bigorneaux, clovis et bien d’autres crustacés,
Car les récolter aujourd’hui ne serait pas très sage,
Dans cette vase fluide où meurent les herbacées.

Il est urgent d’agir, mais sans trop entreprendre,
Surtout sur le Bassin où il faut bien le comprendre
Combien les intérêts de la densité urbaine,
Sont pour les communes une sacrée bonne aubaine.

Mais les mots du poète ont-ils une incidence
Sur ce qui déjà est arrêté, signé, entériné ?
Mes vers sont la plume légère de mes confidences
Et mes espoirs en ce monde vont-ils êtres ruinés ?

François Veillon

ANDERNOS, j'ai rêvé de toi.

 

ANDERNOS,

J'ai rêvé de toi.

 

 

 

J’ai rêvé de toi, ô ! ma belle endormie,

Tu reposais alors, dans un écrin de jade,

A l’abri des regards, loin de tes ennemis.

Et l’autan sur ton site te sifflait une aubade.

 

Et ce faible zéphyr, comme un elfe de verre,

Caressait doucement le troncs des séculaires,

Accordant des notes sur les branches légères,

Pour qu’au petit matin, cet air puisse nous plaire.

 

J’ai rêvé de toi comme on aime une fille ;

Tes formes rebondies par tes dunes légères,

Sont les courbes troublantes où mon coeur s’éparpille,

Enflammant le désir, que ton corps me suggère.

 

J’ai rêvé de toi, ô ! ville de mes racines,

et je t’ai vue souffrir, sous les lourdes  chenilles,

Des engins décidés, à la bouche assassine,

Abattant  des  maisons et les belles charmilles.

 

J’ai rêvé de toi, ô ! ma belle endormie,

Mais le  jour viendra bientôt, porteur des lourds secrets

De tous ceux que tu aimais et que tu pensais amis,

Qui te mettront à mal sur un simple décret!

 

 

François Veillon

 

Que sont les vieilles maisons devenues?

 

Vous avanciez vers le centre et l’on ne pouvait vous ignorer, tant vous étiez  le passage obligé vers la plage où les quelques commerçants animaient alors la cité sans pour cela l’enlaidir.

Vous en avez vu passer des estivants surpris de la beauté  d’un Andernos presque sauvage et cela si près de la vile de Bordeaux. Les cars Pons, plus d’une fois, ont éclairé d’un furtif éclair rouge, vos vitres mal dépolies. Et les cris de tous ces enfants, ivres d’air et de lumière, allant profiter de l’onde bienveillante, ont dû résonner longtemps, au sein de vos âmes lourdes de pierres et de bois.

Combien de fois votre seuil s’est ouvert, aux parents et amis ravis d’êtres à l’abri en cet endroit précis à deux pas du bassin ! Vous avez bravé les colères océanes et le vent de novembre vous  à bien déchaussé quelques tuiles légères et même les marées, ont dû un jour, vous caresser les pieds.

Comme tout ce qui vit, de bonnes et mauvaises choses ont franchi la porte de votre intimité, mais vous ne le montriez pas, vous aviez par nature une grande dignité. Je vous ai toujours vu, et cela loin dans le temps, quand lors des congés scolaires, je venais habiter chez ma chère grand-mère.

Vous étiez le témoin des choses permanentes et dans cet univers fixe, on avait l’impression de ne pas vieillir trop vite. Vous deviez vous réjouir, et frissonner d’aise, quand les vendredis soir, fenêtres et volets ouverts à la volée, vous faisaient changer d’air pour deux jours de folies.

Les années, un jour se sont accumulées et les humains vieillissants ont quitté le logis, pour migrer vers des maisons proches de la dernière. On s’est écarté de votre destin et vous avez commencé à ressentir les affres de l’abandon, car une demeure n’existe que de l’intérieur. Les termites affamées, ont commencé leur œuvre digestive et de par les trous de la toiture, les pluies traversières ont minés les mûrs de plâtre et salpêtrés la pierre.

L’herbe autour de vos pieds malades s’est mise à pousser drue, refuge apprécié de tous ces chats sans-abri, que des mains charitables viennent parfois secourir.

Un jour, il devait faire beau, comme dans la plupart des drames, un engin de chantier et venu faire trembler vos fondations fragiles. Il vous a happé au flanc et retiré vos entrailles entraînant la toiture dans une pluie de tuiles.

J’ai vieilli d’un coup quand je vous vis disparaître et qui peut avouer sans mentir, que grande fut notre peine de vous voir partir.  Nos racines inconscientes s’agrippaient à la vision rassurante de vos silhouettes qui semblaient à l’épreuve du temps. Plutôt que de vous réhabiliter, on vous a fait souffrir au profit  de l’argent qui dévore  ces  hommes qui n’en ont pas besoin.

Je contemple à votre endroit, des immeubles massifs où l’on ne voit personne si ce n’est des bureaux ou des  agences de biens, pour acheter plus encore. Mon cœur se serre de cette densité urbaine qui chasse de nos cœurs le souvenir de ces villas modestes qui faisaient le charme d’un Andernos aimé.

ANDERNOS AUTREFOIS

 

 

‘’ Des ribambelles de bambins trottent à l’infini sur ton ventre de sable pour tenir à deux mains une onde insaisissable. Leurs cris de joie sont des grâces qu’il nous faut apprécier, car l’innocence appelle la beauté

Un vent de Sud m’enveloppe de sa moite tiédeur et je ne me lasse guère, les yeux au ras de l’eau, d’admirer la danse sinueuse des villages brumeux ceinturant le Bassin.

 Une pinasse élancée remonte le jusant de sa toux régulière. Un chaland de nos pères dérive lentement autour d’un pieu rongé… Hommes et femmes d’huîtres, à la marée liés, de vieux bateaux par derrière vous portent encore leurs ultimes fardeaux.

 Je n’imagine pas, quand dans vos officines je vous viens acheter les fruits de l’océan, combien il vous fallut de temps de fatigue et de peine, ce que sans y penser j’avale en un instant. Les benèzes ne coiffent plus le chef des vaillantes parqueuses et la serge éclatante ne ceint plus le corps des pêcheurs de jadis.

 Mais le montant lassé de ses vieilles conquêtes, se retire déjà, découvrant les esteys, en livrant aux regards les concessions d’antan où les piquets tordus, comme des centenaires, balisent jusqu’à demain les éboulis des parcs désaffectés.

 Un chien de mer, ivre de vent salé, course les hirondelles. En vain… La bête de rage aboie contre le ciel

Dans les derniers bassins, où les huîtres se baignent, des mules prisonniers attendent jusqu’au soir le flot libérateur et dans le grand chenal, enchâssé dans la vase, quelques bateaux légers glissent en silence vers des ports étrangers.

 Alors, sortant de l’onde, chevelure peignée par le flux et le reflux, apparaît le varech dans sa verte livrée. Quant à la vieille source, elle coule sereine en dépit des années et même si parfois son débit est un filet menu, elle chuchote encore pour ne pas se tarir. Elle verse à deux pas le reste de son âge dans un ruisseau rouillé qui l’amène à la mer. Andernos, ne change pas trop vite, nos âmes tourmentées ont besoin de ta paix.

Aujourd'hui je contemple une ville semblable à beaucoup d'autres. Des immeubles opulents ont écrasé les petites maisons de caractère où s'accrochaient nos souvenirs. Je me baigne en eau trouble et le varech, de ses longs filaments, ne vient plus s'enrouler autour de mes épaules. En bordure de plage, mes pieds glissent désormais sur cette vase fluide qui gagne peu à peu, jusqu'au trait de côte.

Ô mon Bassin

 

 

Ô mon Bassin

 

Ton eau désormais turbide, ne m’incite plus à tremper mes pieds,

Car je ne les vois plus, mes petits petons et il me faut me méfier,

De cette perfide vase fluide qui déchausse ce bon varech,

Et se répand en colique insidieuse dont il faut faire avec.

 

Je ne reconnais plus le sable doré de ma petite enfance.

Ce ventre souillé, qui me semble malade ; le bassin est-il mort 

De la densité des coques estivales qui flottent à outrance

Et qui libèrent à petit feu leur poison pour lui régler son sort

 

Il me faut penser que les choses changent et cela à ma décharge

Sauvages étaient les chalands ; aujourd’hui on les nomme des barges.

Et les parqueurs d’antan, ces jardiniers des mers, ne régulent plus guère

Les espaces marins et l’onde se pollue sans ce bon savoir-faire

 

Il ne manquerait plus au mépris de la santé publique que bientôt

Des panneaux nous indiquent alors : attention aux éléments radios.

Actifs seront alors les pouvoirs pour redonner bonne mine

A ce site attrayant dont l’air aujourd’hui ne sent plus la résine.

 

Mon épouse martine, se pique les mollets au contact des  spartines;

Elle crie de douleur, invoquant les dieux et déesses du lieu.

Pour toute réponse le bon st Eloi lui envoie les matines,

Mais les clarines n’apaisent pas sa douleur ; elle ne va pas mieux.

 

Il ne faudrait pas qu’un exode massif, venu d’autres régions,

Envahisse ce bijou d’aigre marine qui se meurt des humains

Et accélère son  trépas annoncé, mais sans mauvaise intention

Mais il est bien trop tard, quoi que l'on fasse, il est déjà demain.

PLAIDOYER POUR UN SITE EPHEMERE



J’ai cinq ans. Abrité sous le vaste parasol bleu à franges blanches de ma grand-mère Solange, je me délecte déjà de cet endroit qui fleure bon le goudron calfatant les chalands. Des cris d’enfants heureux fusent de toutes part. Certains font des barrages, d’autres creusent des trous.

J’enjambe avec souplesse les troncs de pins coupés qui faisaient alors office de perré tout au long de la plage du Bétey.

Je cours le long du chenal serti des mêmes protections où se cachaient les crabes et mes pieds s’enfoncent dans le sable où nulle vase ne vient souiller mes jambes.

Je patauge dans les chaudes baïnes où quelques mules égarés me chatouillent les orteils.

Je respire à pleins poumons cet air vivifiant chargé de sel et des embruns du large. Au loin, l’océan gronde mais ici, loin de tout danger je me baigne dans cette eau qui me porte et que je bois parfois… comme on déguste une huître.

Derrière moi, une théorie de cabanes ostréicoles délivrent dans l’air leur senteur  poivrée de coquillages et de tout se qui se ramasse sur le ventre du bassin.

Une brise légère de Juillet porte des messages iodés emplis d’espérance et de joie. J’ai faim, heureusement ma Grand-mère a tout prévu.

Aujourd’hui, j’ai soixante deux ans. Je suis assis sur la plage du Bétey et je crois bien que je pleure ce paradis perdu.

LE SENS DE LA PROPRIETE

LE SENS DE LA PROPRIETE

Un lombric, en livrée toute rose, rampait gracieusement sur un sol détrempé. C’était son territoire, sa parcelle personnelle, car, en cet endroit très humide, un humus savoureux, lui offrait la pitance qu’il avalait d’un trait. Il se sentait chez lui, puisque de toute éternité ses ancêtres avant lui avaient occupé ce carré décomposé de feuilles et de déchets.

 

Un merle, haut perché sur ses pattes fines, visitait ses foyers. Il aperçut le ver qui osait s’aventurer sur sa terre, dans son espace limité. Il en fut fort contrarié. Cet impudent méritait une leçon dont il serait le censeur mais aussi l’heureux dégustateur.

 

Un chat survint. Il relevait les odeurs des aventures nocturnes, car il préférait le coussin douillet de la maison aux folles équipées. Il entrevit l’oiseau et vint à pas de loup. Il s’approcha, nonchalant, faisant semblant d’être préoccupé par des affaires de la plus haute importance. Il n’était pas céans, pour cet étranger emplumé, de partager tous les repères olfactifs qu’il avait dû marquer. Mais notre volatile fêtait quatre saisons de printemps et il ne fallait pas lui raconter d’histoires. Il n’était pas né de la dernière couvée. Il s’envola sur-le-champ, laissant notre matou pantois et déconfit.

 

- Fiche le camp, sale greffier qui vient déraciner mes plantes bien alignées ! Fit le locataire, shootant dans le félin, ne sachant pas, que du courrier de midi, il serait mis en demeure de quitter son logis, pour tous les loyers qu’il n’avait pas encore payé.

***

 

- Je t’aime, mon amour ! Déclara l’amoureux transi à sa belle conquête. Tu es ma chose, une partie de moi ! Je veux partager chaque instant de ta vie !

- Ha ! Mon ami, je vois bien que tu t’égares, je suis libre de choisir et ne dépends que de moi ! Je n’ai que faire d’une sangsue toujours à mes côtés, m’empêchant de respirer pour le reste des années !

 

***

-Heureusement, dit le sage démuni de tout bien matériel, il me reste mon corps ! Ah ! Mais au fait, en réfléchissant bien, il ne m’appartient pas, mais j’en suis responsable car sans lui, je ne peux pas me rendre compte si je suis encore vivant.

 

***

D’autres vous diront qu’ils ont une âme et que celle-ci est bien à eux. Pas nécessairement. Ils en seraient les fondateurs s’ils l’avaient fabriquée, mais il n’en est rien, elle était déjà là avant qu’ils n’en prennent conscience.

 

Pourtant, il nous reste quelque chose dont chacun peut profiter sans devenir propriétaire. C’est une petite mer enclavée dans les terres. Oh ! Ce n’est pas un de ces océans, dont l’immensité vous donne le vertige. Non, c’est un écrin unique, un bijou rare, une aigue-marine qui change au gré des marées. Un petit réceptacle de saveurs, d’odeurs, de faune et de flore et qui vous fabrique des souvenirs à ne plus savoir qu’en faire. C’est notre Bassin d’Arcachon encore havre de paix dans ce monde tourmenté.

 

François Veillon

 

 

 

 

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