Ô mon Bassin

 

 

Ô mon Bassin

 

Ton eau désormais turbide, ne m’incite plus à tremper mes pieds,

Car je ne les vois plus, mes petits petons et il me faut me méfier,

De cette perfide vase fluide qui déchausse ce bon varech,

Et se répand en colique insidieuse dont il faut faire avec.

 

Je ne reconnais plus le sable doré de ma petite enfance.

Ce ventre souillé, qui me semble malade ; le bassin est-il mort 

De la densité des coques estivales qui flottent à outrance

Et qui libèrent à petit feu leur poison pour lui régler son sort

 

Il me faut penser que les choses changent et cela à ma décharge

Sauvages étaient les chalands ; aujourd’hui on les nomme des barges.

Et les parqueurs d’antan, ces jardiniers des mers, ne régulent plus guère

Les espaces marins et l’onde se pollue sans ce bon savoir-faire

 

Il ne manquerait plus au mépris de la santé publique que bientôt

Des panneaux nous indiquent alors : attention aux éléments radios.

Actifs seront alors les pouvoirs pour redonner bonne mine

A ce site attrayant dont l’air aujourd’hui ne sent plus la résine.

 

Mon épouse martine, se pique les mollets au contact des  spartines;

Elle crie de douleur, invoquant les dieux et déesses du lieu.

Pour toute réponse le bon st Eloi lui envoie les matines,

Mais les clarines n’apaisent pas sa douleur ; elle ne va pas mieux.

 

Il ne faudrait pas qu’un exode massif, venu d’autres régions,

Envahisse ce bijou d’aigre marine qui se meurt des humains

Et accélère son  trépas annoncé, mais sans mauvaise intention

Mais il est bien trop tard, quoi que l'on fasse, il est déjà demain.

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